L’histoire de la Savoie vue à travers le destin d’une grosse femme

 

Le 1er juin 1982, à Chambéry, la statue de la Sasson a fait l’objet d’une seconde inauguration, quasiment à l’endroit d’origine (Place du Centenaire – Boulevard de la Colonne).

Cette statue en bronze de 4 tonnes avait reçu son surnom, signifiant « grosse femme » en savoyard, lors de sa première inauguration le 4 septembre 1892. Elle commémorait alors le centenaire du premier rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire. Après avoir retrouvé son indépendance en 1815, c’est par un plébiscite que la Savoie fut à nouveau rattachée à la France en 1860. Mais cela est une autre histoire…

Celle de la Sasson n’était pas terminée. En effet, la statue est déboulonnée en 1942 pour être fondue en Allemagne, mettant en émoi toute la population chambérienne. Très vite, le socle vide, régulièrement fleuri, devient le point de ralliement de tous ceux qui s’élèvent contre l’occupation. A la libération, les projets de remplacement sont arrêtés lorsque la statue est découverte, décapitée, dans une gare allemande. Mais la tête refaite ne donnant pas satisfaction, la statue sombre dans l’oubli jusqu’en 1978, lorsque la société des amis du vieux Chambéry et le conservateur du musée obtiennent sa réhabilitation, avec un visage identique à celui de 1892.

En revanche, son environnement est complètement bouleversé, dans le quartier dit de la reconstruction, succédant aux bombardements subis par Chambéry en 1944. Ces derniers, visant l'objectif stratégique de la gare, laissent intacte la rotonde ferroviaire. Mais cela aussi est une autre histoire…